Design génératif et découpe laser pour le travail du cuir

De Defko Ak Ñiëp Fablab
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Présentation de l'atelier

Contexte et enjeux

Comment évolue le design au Sénégal ? Se nourrit-il des mutations quotidiennes de notre société ? Si au Sénégal, les artisans sont habiles (cuir, bois, métal...), celui-ci contrairement au Maroc ne connaît que très peu d'évolutions, d'innovation. Il semblerait que pour faire évoluer ce secteur un peu oublié de la biennale d’art contemporain Dak’Art et de l'École des arts, plusieurs paramètres entrent en ligne de compte dont celui de la technologie.

Le fablab DefkoAk Niëp souhaite montrer en quoi traditions et innovation, machines à commande numérique et savoirs faire manuels peuvent se compléter, notamment autour du travail du cuir.

Objectifs de l’atelier

Cet atelier propose d'explorer les possibilités de l'usage de la découpe laser pour le travail du cuir avec les techniques de design assisté par ordinateur, à travers des solutions libres de développement de surface et de design génératif.

Les bases techniques suivantes ont été abordées:

  • dessin et préparation du fichier pour la découpe
  • utilisation de la découpe laser, avantage, inconvénients et limites 
  • précautions nécessaires, sécurité 
  • choix du matériau, détermination des vitesses et puissances de travail 
  • contraintes spécifiques et techniques liées au travail du cuir.

Cette activité de renforcement de capacités comportera des travaux pratiques à travers le développement de quelques projets exemples exploitants les avantages de la découpe laser pour le travail du cuir ainsi que des expérimentations diverses, mettant en œuvre du développement de surface pour la réalisation d'objets 3D, et du design génératif à travers des motifs.

Intervenants

Joëlle Bitton

Actuellement responsable du département de Design interactif à l'Ecole des Beaux Arts de Zurich, Joelle Bitton a co-fondé à Vienne le collectif expérimental Superficiel.org en 2000, en soutien aux travaux explorant les idées de surface, l'écran et le mouvement du corps comme des interfaces. Elle a effectué des recherches sur la médiation de technologies dans des institutions de renommée internationale comme le Laboratoire de Médias de MIT (Massachusetts Institute of Technology) ou le Laboratoire Culurel de l'université de New Castle. Elle a mené une carrière internationale comme concepteur et consultant en designer interactif pour des institutions culturelles (Louvre, Grand Palais …) et pour des entreprises (Harry Winston, Alain Ducasse …). Ses autres domaines d'expertise incluent l'enseignement, la conduite d'ateliers participatifs, le commissariat d'événements et de projets de management. Elle co-organise Paris Dorkbot.

Laurent Malys

Laurent Malys développe des projets variés à l’interface entre l’art, les sciences et techniques et la culture libre et DIY, qui vont du web à la performance audiovisuelle en passant par l’installation et la fabrication d’objet.

À base de code informatique, de fabrication numérique et de détournements créatifs, ses travaux ont pour préoccupations constantes de faire apparaître des mécanismes cachés ou implicites et de susciter un intérêt critique pour les technologies anciennes ou nouvelles, omniprésentes dans notre quotidien et pourtant peu maîtrisées.

Déroulé

L'atelier s'est déroulé du 3 au 15 juillet 2017. Les trois premiers jours ont été l'occasion de présentations réciproques entre le lieu d'accueil, les intervenants et les participants ansi que quelques activités d'introduction.

Les activités d'introduction

Lundi 3 juillet

La première journée a ainsi été consacré à

  • la présentation du contexte de l'atelier,
  • à la présentation du lieu et des intervenants et à la visite du fablab.

Mardi 4 juillet

Le mardi à débuté par une initiation au logiciel inkscape puis une revue de projets de dessin génératif avec un focus sur la partie générative. Un atelier d'origami a été mené l'après midi, afin de montrer comment on pouvait passer d'un objet en deux dimensions (une feuille de papier ou un morceau de cuir) à une forme en volume à l'aire de plis. Nous avons enchainés avec une revue de projets de design génératif avec un focus sur les projets utilisant la découpe laser. La journée s'est terminée par un bilan avec les participants et une discussion pour préparer la journée du lendemain.

Mercredi 5 juillet

Nous sommes allés ensemble acheter du cuir à Dakar, d'abord dans une boutique de cuir industriel d'importation puis dans le marché Fass à la recherche de cuir traditionnel. Il s'agissait surtout d'un temps d'échange autour du matériau cuir au Sénégal, de sa disponibilité et de son usage, les artisans du cuir participant au workshop ayant ainsi pu faire part de leur expertise sur ce matériau et également sur son approvisionnement. Il s'agissait alors de collectionner un certain nombre d'échantillon afin de tester leur façonnage à la découpe laser. La sortie a également été l'occasion de visiter l'atelier de Chekha, un des participants dont le travail artistique tourne en partie autour de la peinture de motifs génératifs. L'après midi a commencé par une présentation sur les fractales par Daniel Sibosz, enseignant d'une école d'art de Dakar. Cette présentation a permis de mieux situer cet outil de design génératif que sont les fractales dans son contexte historique et artistique mais surtout dans le contexte culturel africain dans lequel elles sont une figure récurente. La journée s'est terminée par une présentation des travaux de chacun des participants. Il était en effet important de situer chacun dans son activité quotidienne et par rapport aux attentes qu'il pouvait avoir quant à l'usage d'outil informatique et de la découpe laser pour le travail du cuir. Nous avons pu constater que certain étaient plus tourné vers une pratique artistique employant du cuir quand d'autre étaient plus dans une activité d'artisanat traditionnel, d'autre enfin étant plus tourné vers le design.

Jeudi 6 juillet

Le quatrième jour, pour terminer la séquence d'introduction, nous avons présenté plusieurs outils de design génératif qu'il était possible d'utiliser pendant l'atelier ainsi que l'environnement de développement p5js, qui permet de coder, dans un navigateur web, des procédés de design génératif. Les participants ont ainsi pu tester un ou plusieurs exemples sur leur ordinateur. La dernière partie a consisté à présenter la chaine de production complète d'un produit à l'aide d'une machine à commande numérique, c'est-à-dire comment on passer d'un dessin à l'ordinateur à un fichier qu'on a préparé pour être transformé en langage machine.

La visite de Ngaye-Mehké

Un des temps fort de l'atelier a été la visite de Ngaye-Mehké, haut lieu de l'artisanat du cuir au Sénégal et notamment de la cordonnerie, qui a eu lieu lundi 15 juillet. Elle s'est déroulée en trois temps :

  • visite et échange avec le maire et plusieurs personnes en charge de l'artisanat et du commerce de Mekhe
  • visite de plusieurs ateliers de confection de chaussures
  • visite de la maison de l'outil : lieu de formation professionnel qui dispose de machine professionnelles et industrielles pour le cuir, dont des découpes laser.

Ces différentes rencontres ont permis de mieux comprendre le contexte et les attentes des artisans de Mekhé concernant l'usage d'une machine comme la découpe laser. Il est apparu qu'il manquait d'une part de formation pour l'usage des machine et d'autre part d'un mode de fonctionnement qui permettrait de mettre les outils en commun, à l'image justement du fonctionnement d'un fablab. Le maire nous a ainsi fait part de son souhait de développer un projet de collaboration avec Ker Thiossane afin d'avancer sur ces points.

Le temps de production

À partir du jeudi de la première semaine, le reste de l'atelier s'est déroulé de façon plus libre pour chacun des participants. Il s'agissait dans un premier temp de réaliser un objets dessiné à l'ordinateur avec la découpeuse laser. C'était l'occasion pour chacun de mettre en pratique la chaine logiciel (logiciel de dessin et préparation du fichier pour la machine), et aussi de se poser la question du matériau et du type d'usinage laser souhaité (découpe, gravure pleine ou en contour). À partir de la deuxième semaine, il s'agissait d'approfondir son projet en passant du simple dessin à l'objet ou alors en incorporant un outil de dessin génératif.

Les travaux ont été restitués lors d'un open lab où tous les objets réalisé ont été exposé, mettant en avant la qualité et la variété des projets.

Les projets

Les outils utilisés